PEA ou assurance vie : comparer les règles et les usages
En bref.
- PEA : après 5 ans, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu mais supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, taux en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
- Assurance vie : les prélèvements sociaux restent à 17,2 % en 2026 ; après 8 ans, l'impôt est de 7,5 % après un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple).
- Avant ces seuils, le gain supporte 12,8 % d'impôt dans les deux enveloppes, et un retrait avant 5 ans clôt le PEA, sauf exceptions.
- Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements et limité aux actions européennes ; l'assurance vie n'a pas de plafond de versement.
Assurance vie : fiscalité des gains au rachat
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Contrat de moins de 8 ans | 12,8 % | 17,2 % |
| Plus de 8 ans, primes jusqu'à 150 000 € | 7,5 % après abattement | 17,2 % |
| Plus de 8 ans, au-delà de 150 000 € de primes | 12,8 % après abattement | 17,2 % |
Versements depuis le 27 septembre 2017. Abattement annuel : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Seuls les gains contenus dans un rachat sont imposés. Vérifié le 19 octobre 2026. Sources : impots.gouv.fr (DGFiP), L'assurance-vie et le PEA (modifié le 08/04/2026).
Le PEA et l'assurance vie ne taxent les gains qu'au moment d'un retrait, et tous deux allègent l'impôt avec le temps. Les seuils diffèrent pourtant : 5 ans pour le PEA, 8 ans pour l'assurance vie. Les taux et l'univers de placement diffèrent aussi. La bonne comparaison se fait donc enveloppe par enveloppe, avec le même placement, la même durée et les mêmes versements.
Quelle règle s'applique à chaque enveloppe ?
Dans un PEA, les gains restent à l'abri de l'impôt tant que l'argent reste dans le plan. Au retrait, seule la part de gain est taxée, et le régime dépend de l'âge du plan, compté depuis le premier versement. Le PEA n'accueille que des actions européennes et des fonds éligibles.
Dans une assurance vie, selon impots.gouv.fr, aucun impôt sur le revenu n'est dû tant que vous n'effectuez aucun rachat. Un rachat est un retrait partiel ou total du contrat. L'âge du contrat, le montant de vos primes et leur date de versement fixent le taux de l'impôt.
Quels taux en 2026 : impôt et prélèvements sociaux ?
Les gains supportent deux prélèvements distincts : l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, qui regroupent la CSG, la CRDS et le prélèvement de solidarité.
PEA. Avant 5 ans, le gain supporte le prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, de 31,4 %. Il réunit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème. Après 5 ans, l'impôt disparaît mais les 18,6 % restent dus, précise impots.gouv.fr. Ce taux s'applique depuis le 1er janvier 2026, après la hausse de la CSG de 1,4 point.
Assurance vie. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % : la brochure fiscale 2026 d'impots.gouv.fr indique que l'assurance vie garde une CSG à 9,2 %. Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, l'impôt est de 12,8 % avant 8 ans. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple s'applique d'abord. Le reste est imposé à 7,5 % pour la part des gains liée aux primes jusqu'à 150 000 €, et à 12,8 % au-delà.
Qu'est-ce qui change avec le temps et l'usage ?
Retirer. Avant 5 ans, tout retrait clôt le PEA, sauf exceptions comme le licenciement, l'invalidité, la mise à la retraite anticipée ou la création d'entreprise. Après 5 ans, un retrait partiel ne ferme pas le plan et vous pouvez continuer à verser, selon service-public.gouv.fr. L'assurance vie permet un rachat partiel à tout moment : seule la part de gain contenue dans le rachat est imposée.
Verser. Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements, gains non compris, et vous ne pouvez en détenir qu'un. L'assurance vie n'a pas de plafond de versement, mais le taux de 7,5 % ne vaut que pour les gains liés à 150 000 € de primes.
Choisir ses placements. Le PEA se limite aux actions européennes et aux fonds éligibles. Un contrat d'assurance vie propose la liste de supports choisie par l'assureur, et ses frais de gestion s'ajoutent à ceux des fonds.
Un exemple chiffré avec le comparateur
Le comparateur ci-dessus est réglé sur un exemple choisi pour l'illustration : 10 000 € au départ et 300 € par mois. Le rendement supposé est de 4 % par an, avec un retrait total au bout de 12 ans, pour une personne seule. Les deux seuils, 5 et 8 ans, sont donc franchis. Le même placement et le même rendement sont appliqués aux trois enveloppes : seule la fiscalité les distingue.
Lisez les trois lignes : versements, gain net et prélèvements, sur une même échelle. Changez ensuite la durée, sous 5 ans puis entre 5 et 8 ans, pour voir l'effet de chaque seuil. Le comparateur ne déduit pas les frais du contrat d'assurance vie : retranchez-les du rendement saisi. Pour d'autres scénarios, ouvrez le comparateur PEA, assurance vie et compte-titres.
Les cas non couverts
Le décès du titulaire clôt le PEA ; les gains ne supportent alors que les prélèvements sociaux. L'assurance vie suit des règles propres de transmission, hors du champ de cette page : voyez PEA et succession et impots.gouv.fr.
Les primes d'assurance vie versées avant le 27 septembre 2017 restent soumises au régime antérieur à 2018. Les PEA ouverts avant 2018 gardent des taux historiques de prélèvements sociaux sur une partie des gains. Les non-résidents relèvent de règles différentes, décrites sur impots.gouv.fr.
Les erreurs fréquentes
Comparer deux placements différents. Un fonds en actions dans le PEA et un autre support dans l'assurance vie : vous comparez alors des placements, pas des enveloppes.
Confondre retrait et gain. L'impôt porte sur la part de gain du retrait, pas sur la somme retirée.
Croire le PEA sans impôt après 5 ans. Les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus, quelle que soit la date du retrait.
Oublier les frais. Ceux du contrat d'assurance vie et ceux du PEA réduisent le rendement avant tout impôt. Pour placer des SCPI dans un contrat, voyez SCPI en assurance vie ; le reste de la rubrique est sur la page PEA et enveloppes.
À vérifier
- La date du premier versement sur le PEA : elle fixe le point de départ des 5 ans.
- La date d'ouverture du contrat d'assurance vie et la part de vos primes versées depuis le 27 septembre 2017.
- Le montant de gain contenu dans le retrait, et non le montant total retiré.
- La part de l'abattement annuel de l'assurance vie déjà utilisée cette année.
- Pour un PEA ouvert avant 2018 : les taux historiques de prélèvements sociaux sur une partie des gains.
- Un retrait total du PEA, même après 5 ans, ferme définitivement le plan.
Questions fréquentes
Peut-on investir dans un ETF monde avec une assurance vie ?
Oui, si votre contrat le propose parmi ses unités de compte, c'est-à-dire ses supports investis en marchés financiers. Le capital n'y est pas garanti. Les frais du contrat s'ajoutent à ceux du fonds, et les gains suivent la fiscalité de l'assurance vie, pas celle du PEA.
Le compte-titres est-il imposé comme le PEA ?
Non. Selon impots.gouv.fr, les dividendes et plus-values d'un compte-titres supportent en 2026 le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, l'année où ils sont perçus ou réalisés. Il n'existe pas de seuil de durée comparable à celui du PEA.
Que deviennent un PEA et une assurance vie au décès du titulaire ?
Le décès clôt le PEA ; selon impots.gouv.fr, les gains ne supportent alors que les prélèvements sociaux. L'assurance vie suit des règles propres de transmission aux bénéficiaires désignés, qui ne sont pas traitées ici : consultez impots.gouv.fr ou un notaire.
Faut-il choisir entre les deux enveloppes ?
Non, elles se cumulent. Vous ne pouvez détenir qu'un seul PEA classique, mais plusieurs contrats d'assurance vie. Le choix porte surtout sur l'usage de chaque somme : horizon, supports souhaités, besoin de retirer, transmission.
Ce contenu fournit des informations générales, pas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité ou en retraite. Les placements comportent des risques, dont la perte en capital. Les simulations reposent sur des hypothèses et ne garantissent aucun résultat. Consultez les règles officielles et, si nécessaire, un professionnel avant de décider.